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Le jardin Cobalt

  Arrivés au bout du parterre Opale, aux tons pêche et bleu, les couleurs s'intensifient. L'orange va accompagner des bleus plus profonds.


 "Je suis là, de là à l'infini, étourdi de sens, de violets en violettes d'indigo en bleuets de bleus en ruisseaux de verts en verdure de jaunes en boutons d'orangés en épidermes dorés de rouges en eaux battantes du coeur... " (  Les boyaux de la pomme a guillaume, 1987 - Loïc Decrauze)


   Il y avait là un Thuya, une flèche comme un signe de ponctuation pour souligner l'angle du massif. Mais au bout de 20 ans, trop imposant, il ne remplissait plus son office et un Acer negundo qui demandait trop d'interventions (on me l'avait vendu comme arbustif). Ils furent abattus pour laisser la place à un beau Prunus subhirtella 'Pendula rosea" qui laissera passer davantage de lumière. 





    Moins asséché que sous le Thuya, le sol est désormais plus propice à la plantation de vivaces. L'Euonymus fortunei "Emerald Gold" et les Spirea japonica “Goldflame” seront le point d'orgue du parterre. Y sont associés, les Brunnera et des narcisses parmi les pulmonaires. Les tulipes "Princess Irene" et "Orange Emperor" viennent ensuite dans un écrin de Lunaria annua que je laisse se ressemer.
Une hémerocalle aux tons pêche rapelle les teintes du jardin Opale. 




La végétation s'étoffe alors avec des ancolies bleues, des Delphinium belladonna, des géraniums, la campanule "Sarastro", des iris de Sibérie, des casques de Jupiter de printemps et d'automne, une Clematis intégrifolia... avec comme couvre sol les Cerastotigma. Voilà pour les reflets cobalt. 
  S'y mêlent ensuite des Lillium henryi ou tigridum, quelques points de Papaver rupifragum, avec en lisière des Carex bronze. Pour éteindre un peu ce magnétisme bleu-orange, nous y avons mêlé  les Geranium psilostemon couleur magenta, des Echinacea purpurea, l'Aster "Violetta" et des sédums. 


 Nous retrouvons les coussins des Sedums spectabilis partout dans le jardin pour souligner les arrondis des parterres avec quelques topiaires de conifères nains ou de buis. Vous l'aurez remarqué, le jardin est tout en courbe. Cela est essentiellement dû au fait que la maison est sur un talus. Difficile dans ce cas de faire des lignes droites sauf dans la cour.

 




    Prolongeons la promenade jusqu'au massif Corail.

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Le jardin Corail


Nous passons sous le tilleul pour rejoindre le jardin corail. Chaque printemps c'est un éblouissement !



  Sa couleur s'est imposée à partir de celle des Tulipes "Abu Assan" et "Queen of Sheba" avec le Chamaenomeles superba. Je les ai mêlés au jaune acide des euphorbes, Euphorbia amygdaloïdes "Purpurea" dont le feuillage rappelle la couleur des tulipes et Euphorbia amygdaloïdes robbiae, ainsi que des Helleborus foetidus 'Wester Flisk" et Helleborus argutifolius, des Primula veris "Sunset Shade" très lumineuses et des Hakonechloa macra "Aureola". S'y sont ajoutés spirées et Physocarpus dorés qui s'harmonisent merveilleusement avec l'Acer aconitifolium au débourrement. Une azalée mollis orange et le Chamaecyparis lawsoniana “minima Aurea” accompagneront le tout.
  Voilà de quoi réveiller n'importe quel parterre après un hiver morose.






  Sur la palette, le jaune doré des arbustes s'étale. A la place des floraisons printanières (tulipes, cognassier, euphorbes, hellébores), l'éphémère pavot oriental "May Queen", très gracieux et étonnamment drageonnant se faufilera partout. Puis il disparaîtra durant l'été recouvert par le feuillage des Hypericum et d'un Houttonia cordata "Chameleon" qui va se répandre avec insolence. Avec la même effronterie la lysimache "Firecracker" fera mon désespoir quand elle va se mettre à envahir.
  Le Cornus alba "Aurea" mêle ses branches à un Berberis thunbergii "Atropurpurea" et un Rosa rubrifolia glauca.



  Plus tard les épis des Kniphofia "Tison de Satan" et les Crocosmia "Emberglow" percent, les coussins arbustifs. Puis en juillet s'ouvrent les fleurs de l 'Hemerocallis "Mighty Mogul" aux lèvres pulpeuses. Les rosiers "Baby Masquerade", "Joseph's Coat"  et "Westerland" dans les teintes chamarrées de rouge, orange et jaune font écho à celle de la palette de vivaces. Des semis naturels de coquelicots  percent à travers les feuillages.

  Les dernières floraisons des Helianthus annoncent l'automne avec ses tons plus sombres sous la pluie.


  En hiver les jardins Corail et Agate deviennent mon jardin d'écorce avec les Cornus alba et Cornus stolonifera, le Rubus thibenatus "Silver Fern", les Betula utilis “Jacquemontii”, B. albosinensis et B. dahurica, les Prunus serula et maackii. Tout ce beau monde était encore bien jeune quand j'ai quitté mon jardin... A la place il y avait précédemment des géants : trois Epicea omorika, un Acer saccharium laciniatum "Wieri" et un Palownia dont les boutons de fleurs gelaient tous les ans. Tous sont partis en flambée dans le poêle avant d'atteindre leur taille promise. Cela a permis le parterre d'aujourd'hui.




  Au bout du chemin le ruban de lumière se déplie jusqu'au massif blanc pour s'y éteindre.  Je l'avais nommé le jardin Agate car les fleurs s'y épanouissent en blanc vif ou laiteux, écru ou rosé.


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Le petit bois



  Pour arriver au petit bois il nous faut descendre le talus et retourner vers le Jardin Agate. Nous longeons la remise qui est devenue une splendeur avec ses plantes palissées... jusqu'à ce que les campagnols y élisent domicile. Les premières à en souffrir furent les clématites et surtout la très opulente et parfumée Clématis montana alba.
 
  



Clematis "Mme Le  Coultre", rosiers "Mme Caroline Testout" et "Leverkusen"



  Akebia quinata, Lonicera periclymemum "Belgica", Clematis macropetala, Clematis "Lasustern" dans "Mme Le Coultre".



Nous arrivons au petit bois...


  Il a été créé sous les premiers arbres plantés : Betula pendula "Tristis", Magnolias kobus et grandiflora "Exmouth". Des rhododendrons qui m'ont été offerts y ont naturellement trouvé leur place, puis pour l'été des hortensias dont le génial Hydrangea macrophyllya "Ayesha".

  L'extraordinaire Zelkova serrata "Variegata" acquis en scion chez Maurice Laurent (merci Momo) illumine le tableau. Comme vous voyez, la remise est toute nue, après le passage des campagnols. 😡



 


Atmosphère, atmosphère ... printanière puis estivale.




  Vue à partir du jardin Corail dont on aperçoit les Crocosmia "Emberglow" : au pied du Magnolia kobus, s'épanouit l' Hydrangea macrophylla “Ayesha” toujours plus opulent...

   Les fruits en automne ne sont pas en reste. Ceux du Nandina domestica  rutilent tout l'hiver et se mêlent à sa floraison printanière.


    


 Un dernier regard sur le Magnolia kobus.

  

Il n'y a pas de bois sans sous bois. Les floraisons profitent des rayons du soleil printanier.



  Les bulbes percent en premier : s'y mêlent narcisses et tulipes sauvages, éranthis, scilles, un pétasite variegata, hellébores foetides, fleurs des elfes, sceaux de Salomon et un polypode...





La promenade n'est pourtant pas terminée... mais avant prenons quelque repos sous le tilleul. 



Nous venons de : L'escalier d'entrée                                                                       Et allons :   Sous le Tilleul


Le jardin d'ombre

  Le chemin qui longe le talus à l'ouest est peu ensoleillé, surtout dans le coin de la remise. Contrairement au petit bois, il ne reçoit pas de soleil le matin (à l'ombre de la maison) sauf en plein été. 
 Au départ une haie de Chamaecyparis devait nous cacher du voisinage. Mais trop imposante et nécessitant trop de tailles, nous l'avons supprimée. Ces arbres seront replantés chez des amis. C'était l'époque où j'avais découvert les pépiniéristes collectionneurs... une aubaine !

  Je vous conduis donc maintenant dans le Jardin d'Ombre... le coin privilégié pour les siestes estivales. C'est par ici, au pied du talus à droite. Cette année là, il y avait encore le cerisier au milieu.





  Paeonia suffruticosa «High Noon» a pris le dessus sur le Rhododendron luteum à son pied, planté des années avant elle. 



Malus "Van Elsetine"








  Trillium, tulipes sauvages, petits narcisses, Brunnera, fougères, nivéoles... tapissent le pied de la haie.
 




Syringa pekinensis 

Un lilas en arbre avec un tronc sublime. Mais là il est encore bien jeune. 





 


Kolwitzia amabilis





Cornus kousa chinensis





  ... en fleurs, en fruits et en parure d'automne.

 


Parrotiopsis jacquemontiana 


 




Un Hydrangea rose bleuissant au fil des ans sous un conifère.

 






Hydrangea quercifolia




Sambucus racemosa "Sutherland"




  


Abies pinsapo  «Glauca»



Juste encore un petit coup d'oeil sur la pelouse avant de sortir.

Je ne sais pas le temps qu'il vous a fallu pour faire cette balade virtuelle mais c'était une balade à pied de deux heures.